Progrès après progrès : comment la 5G révolutionne divers secteurs économiques

Florian Sasse
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La 5G, nouvelle norme de téléphonie mobile, prend des formes de plus en plus nombreuses.

La 5G, nouvelle norme de téléphonie mobile, prend des formes de plus en plus nombreuses. Les quatre opérateurs historiques de télécommunications en France allouent déjà des antennes à la remplaçante de la norme LTE – aussi bien dans certaines des plus grandes villes que dans un nombre croissant de plus petites, et ce jusqu’en 2030. Pour établir la connexion, ils utilisent toutefois la technologie 4G, qui a fait ses preuves jusqu’ici. Seule la transmission de données est assurée par 5G.

Si Orange est le seul opérateur à privilégier la bande des 3,5 GHz, aussi appelée la « vraie 5G », avec 1 104 sites équipés au 31 mars 2021, d’autres opérateurs s’appuieraient également significativement sur les bandes 2,1 GHz et 700 MHz. Ainsi, Free qui est l’opérateur se targuant d’avoir équipé le plus de sites en France, notamment grâce au déploiement de 8 074 sites en 700 MHz, ne fournirait qu’une « 5G au rabais », selon les termes de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir. En effet, le principal inconvénient de la 5G dans la bande 700 MHz, est qu’elle n’offrirait un débit qu’à peine supérieur à la 4G, tandis que celle sur la bande 3,5 GHz, révèlerait quant à elle les vraies capacités de cette technologie.

Combien pèsent les bénéfices des investissements dans la 5G ?

Dans l’ensemble, la France pourrait bénéficier de retombées économiques de près de 114 milliards d’euros, ainsi que de la création de 448 000 emplois à l’horizon 2035, date à laquelle la technologie devrait atteindre son plein potentiel. Tel est le résultat d’une étude IHS Markit pour le compte de Qualcomm datant de novembre 2019. Comparée à l’ensemble de l’Europe, la France occupe ainsi une des premières places. Alors que le facteur coûts-bénéfices est en moyenne de 4,5 au sein des pays européens analysés, celui de la France serait environ de 5.

Une étude Qualcomm/Ericsson divise en quatre les pôles les domaines d’application pour la 5G : Smart Urban, Smart Production and Logistics, Smart Rural et Smart Public Services. Ce sont les domaines Smart Urban et Smart Production qui offrent le meilleur potentiel pour France. Smart Urban comprend le secteur de la construction, celui des transports en commun de proximité ainsi que celui de l’automobile. Dans ces secteurs, la 5G peut notamment contribuer de façon considérable à la réduction des émissions de CO₂. Avec un facteur coûts-bénéfices de 7,3, la France occupe ici la neuvième place des pays d’Europe étudiés – la valeur moyenne étant de 7,1. Le domaine Smart Production – qui concerne le déploiement de la 5G dans les ports, les aéroports, les usines ainsi que l’industrie minière – présente lui aussi un potentiel immense. Tandis que le facteur moyen en Europe est de 3,8, celui de la France est de 5, ce qui la place au huitième rang de l’ensemble des trente pays sondés.

L’expansion de la 5G laisse présager en particulier de profonds changements pour le secteur automobile. D’après une enquête du Business Performance Innovation Network (BPI), 70 pour cent des experts en informatique interrogés prévoient de grands bouleversements du secteur automobile. Ceux-ci correspondent surtout à la connectivité entre véhicules, dite communication « car to car ». Le recours à la 5G la rend possible presque sans latence, donc quasiment en temps réel à l’avenir. Le développement de la télé-médecine se prépare aussi à un bond en avant. Grâce à la 5G, il sera possible, numériquement, de surveiller et d’envoyer à des médecins ou des centres de soin les valeurs corporelles de patients atteints d’affections chroniques. La couverture des zones rurales en serait aussi considérablement améliorée.

Possibilités et risques liés à la technologie 5G – où penche la balance ?

Du point de vue de l’utilisateur, la norme de réseau 5G procure un accès mobile à Internet plus fiable et offre donc de nouvelles perspectives. L’augmentation du débit sera avantageuse pour la communication à distance ainsi que les applications multimédia par exemple – jeux sur téléphone ou téléchargement en streaming de contenu en ultra-haute définition 4K. Même pour des manifestations de grande ampleur, le déploiement du réseau 5G promet un pas de géant. En effet, la segmentation de réseau de la norme 5G présente de grands points forts pour éviter la surcharge et les défaillances du réseau mobile. Elle consiste par exemple à consacrer une partie du réseau 5G aux retransmissions de manifestations sportives en direct et sans interruption tandis qu’une autre partie est mise à disposition des milliers de spectateurs présents dans le stade. De même, les secteurs des technologies Smart Home et Smart Metering, cela représentent un potentiel supplémentaire. Grâce aux nouvelles possibilités techniques, les distributeurs d’énergie locaux peuvent connecter leurs compteurs de façon intelligente, ce qui leur permet de relever automatiquement la consommation d’eau, de gaz et d’électricité. Smart Home inclut également la possibilité d’une commande intelligente de la consommation ainsi que des appareils électriques.

Au chapitre des risques, les éventuels dangers pour la santé engendrés par les ondes de téléphonie mobile sont fréquemment cités. Pourtant, l’exposition au rayonnement n’est guère affectée par l’extension de la 5G, dans l’immédiat. La raison ? Les fréquences de téléphonie mobile sont, en majorité, déjà utilisées par la 4G, bien qu’à d’autres fins. Le rayonnement le plus important est cependant celui émis par les smartphones, tout près du corps. L’appareil peut se trouver près de l’oreille, dans la main ou dans une poche de pantalon, cela ne fait pas de différence. Un principe s’applique dans tous les cas : doubler la distance divise par quatre le rayonnement reçu.

Un tournant immanquable

La 5G extensive a quitté le domaine du rêve futuriste. Pour la fin de l’année 2021, les opérateurs de télécommunications projettent de rendre la 5G accessible à la majorité de la France. L’objectif des opérateurs français est de couvrir l’intégralité du territoire d’ici à 2030. Grâce aux données de l’Observatoire l'observatoire du déploiement 5G de l’Autorité de régulation des communications électroniques (ARCEP), une carte « en temps-réel » permet de suivre l’état de l’implantation de cette technologie en France.

Pendant ce temps, on travaille déjà à celle qui remplacera la nouvelle venue : la 6G. Prévue à l’horizon 2030, celle-ci devra se substituer définitivement à la 5G et pouvoir supporter un débit 100 fois supérieur au sien. Des projets européennes travaillent déjà sur cette nouvelle technologie, à l’image de l’Hexa-X mené par Nokia, dont la France fait partie aux côtés de huit autres pays. L’avenir des télécommunications promet d’être passionnant.


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