E-Santé en France : Une révolution au service du bien-être des citoyens

Julien Mascaro
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E-santé et Sport Tech, deux lignes qui convergeront bientôt ?

Alors que le monde est confiné, l’accès à la santé à distance est devenu un enjeu plus que crucial. Les services de téléconsultation – Qare et Doctolib en tête – ont multiplié les communications pour vanter les vertus de leur offre, désormais très plébiscitée. Et ce n’est pas pour rien que Doctolib est considérée comme la plus importante licorne française de l’E-santé, si ce n’est européenne. La révolution qu’elle a menée dans le secteur de la prise de rendez-vous médical et la téléconsultation, représente une avancée sans précédent dans l’amélioration à l’accès aux soins.

Cependant, les services d’E-santé ne sont pas les seuls services numériques ayant connu une plus grande sollicitation durant cette période si particulière…

Si un bon nombre de vidéos ont fleuri sur la toile prodiguant des conseils et programmes sportifs afin de continuer à avoir une activité physique à domicile, les applications comme Runtastic ou Nike Training Club ont également vu le nombre de leurs utilisateurs augmenter. Des initiatives gouvernementales ont aussi vu le jour, comme BougezChezVous.fr, à l’initiative du Ministère des Sports français. La Sport Tech est elle aussi très sollicitée dans le contexte actuel, pour les valeurs bien-être et santé qu’elle véhicule.

Ces deux pans de l’industrie numérique, pourtant distincts, poursuivent un même but : améliorer la santé des citoyens. Et s’ils se rejoignaient un jour ?

En plein boom, l’E-santé a pour ambition – entre autres – d’améliorer la fluidité du parcours de santé ou encore les relations patients/professionnels.

Les opportunités dans ce secteur se sont faites de plus en plus nombreuses, depuis la Loi Santé du 24 juillet 2019 qui vise – entre autres – à la création au plus tard le 1er janvier 2022, à un « espace numérique de santé accessible en ligne ». Ce dernier permettra à chaque citoyen français d’accéder en ligne à l’ensembles de ses données médicales.

Grâce à cette loi, les patients pourront dès lors consulter :

1. « Leurs constantes de santé éventuellement produites par des applications ou des objets connectés » ;

2. « Des services développés pour favoriser la prévention et fluidifier les parcours, les services de retour à domicile, les services procurant une aide à l'orientation et à l'évaluation de la qualité des soins, les services visant à informer les usagers sur l'offre de soins et sur les droits auxquels ils pourront prétendre ainsi que toute application numérique de santé référencés. ».

Le premier point laisse la porte ouverte à l’interconnexion avec des services existants et offre des perspectives intéressantes dans le cadre d’une démarche globale de santé. Avec l’amélioration des capteurs dédiés au sport et l’existence de nombreux capteurs déjà utile dans le processus d’e-santé (cardiofréquencemètre ; enregistreur VO2 max ; podomètre ; balance connectée ; etc.), les pistes de travail sont désormais nombreuses entre ces deux secteurs.

Selon le Docteur Bacquaert de l’Institut de Recherche du Bien-être de la Médecine et du Sport Santé (IRBMS), « Plus de 100 000 applications smartphone sont proposées en lien avec des analyseurs connectables comme le tensiomètre, l’analyseur de glycémie, piluliers, etc. »

Le deuxième point pourra alors bénéficier des données issues du premier. En effet, la mise à disposition de données collectées par l’utilisateur lui-même à son réseau de soignants, favorisera une meilleure circulation de l’information et in fine une meilleure prise en charge. La télémédecine s’en trouvera par ailleurs renforcée grâce à l’obtention de données provenant de nombreux capteurs, forts utiles à la prise de décision à distance.

Plus de 100 000 applications smartphone sont proposées en lien avec des analyseurs connectables comme le tensiomètre, l’analyseur de glycémie, piluliers, etc.

Dr. Bacquaert, IRBMS

Les freins que devra surmonter l’E-santé

Il existe cependant des freins à l’essor de l’E-santé et l’interconnexion des différents éléments de suivi :

1. La sécurité et la confidentialité des données est le point névralgique à l’heure du RGPD. En effet, les données médicales étant par essence sensibles, les entreprises évoluant dans cette industrie devront être à mesure d’assurer leur protection, en mettant en place des infrastructures dédiées, respectant la réglementation, le Code de la Santé Publique et le respect du secret professionnel ;

2. La connaissance et l’accès à des services encore méconnus et parfois difficile à appréhender : véritable révolution dans le parcours de santé, ces nouveaux services peuvent parfois rebuter les seniors par peur ou manque d’accessibilité ;

3. Le coût et les contraintes liées à l’utilisation de capteurs : parfois chers, ces objets connectés nécessitent une attention particulière afin de collecter des données pertinentes. Les contraintes quotidiennes qu’ils peuvent représenter sont parfois rébarbatives à leur utilisation (fréquence d’utilisation nécessaire ; encombrement ; etc.).


Lorsque nous sommes obligés de changer radicalement nos façons de travailler et de vivre, nous avons la possibilité de trouver de nouvelles idées et de nouveaux paradigmes. Cette logique n’échappe pas au milieu de la santé, désormais face à une révolution grandissante. La Sport Tech, candidat de choix à l’interconnexion avec ce secteur et pourvoyeur de données utiles à la santé individuelle, répondra-t-elle présente ? Apprenez-en plus sur le futur de la Sport Tech en France dans notre prochain article.

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